15 juin 2021

34%. C’est la proportion de personnes « pauvres » en Guadeloupe, la part de ceux vivant avec moins de 1010 euros par mois en 2017, contre 14% en métropole. Il s’agit essentiellement de chômeurs, de familles monoparentales et de ménages jeunes. Ces catégories de ménages sont aussi les premières victimes de la vie chère. Si les prix sont trop élevés ou les revenus trop faibles, le pouvoir d’achat est plus faible et la vie est plus chère.

D’une part le faible niveau des revenus des ménages modestes s’explique par des revenus principalement composés de prestations sociales. D’autre part, les économies d’outre-mer cumulent tout un ensemble de difficultés structurelles qui se traduit par des prix plus élevés. 

Pour soutenir la compétitivité des entreprises locales et encourager la concurrence, la législation dispose d’un arsenal de dispositifs, parmi lesquels on compte l’octroi de mer. Cette taxe aura permis à plusieurs entreprises locales d’exister, de survire et de créer des emplois. Et en 2021, il a été reconduit par décision du Conseil européen. 

Pourtant, comme Janus, le dieu romain des choix, du passage et des portes, elle a deux visages. Côté pile, elle soutient l’activité locale (entreprises et collectivités locales). Côté face, elle est régulièrement tenue pour responsable de la vie chère. Car en bout de chaine, ce sont les consommateurs locaux qui la payent, qui la supportent. Or, c’est un coût pour des contribuables qui comptent aussi parmi les plus pauvres d’Europe. 

Comment pourrait-on concilier la préservation de la production locale, du budget de fonctionnement pour les collectivités et un coût moindre pour les ménages les plus démunis ?